la limace amicale
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Colostle - 1ère session

(mardi 28 avril 2026)

Compte-rendu de partie du JdR solo Colostle. J'ai fait cette partie aujourd'hui en trois heures.

Les personnages sont Paralie (il) et Rose-Anne (elle).

Inventaire :

La partie

Arrivé à la ville abandonnée bâtie entre les côtes du squelette du géant, où l’on m’a dit que je pourrais trouver des traces de mon amie Rose-Anne disparue. Je parcours les rues entre les maisons délabrées, insouciant, quand je tombe nez à nez avec un étranger, l’un des mystérieux sectateurs du Colostle. Je ramasse rapidement un morceau de beffroi, un long fouet qui se rétracte en discret baton de marche. L’homme est âgé, mais armé d’une arbalète prête à l’action.

Nos regards se croisent un peu trop longtemps, je commence à trembler d’inquiétude, puis tout à fait, quand un pan de la maison à notre gauche manque de s’abattre sur nous : c’est un beffroi ! Il remue au hasard, deux gros cubes tournants l’un au-dessus de l’autre.

L’étranger se détourne de moi et attaque le beffroi sans hésiter, me laissant l’opportunité de prendre la fuite que je saisis aussitôt.


Dans ma fuite je croise un second beffroi qui, donnant un grand coup dans le sol, ouvre une cavité dans laquelle je trébuche et tombe dans mon élan. Je suis deux ou trois mètres plus bas, dans un sous-sol ou un tunnel étroit. Au-dessus, j’entends pendant un temps un vacarme de machines, d’éboulis. Puis des cris, une voix dont je devine la bouche, et l’autre qui m’est familière : c’est le sectateur, il parait au-dessus, au niveau du sol, et enserre à la gorge Rose-Anne, mon amie disparue !

La voyant prisonnière, je suis en colère mais démuni. Il pointe son arbalète à son cou. Je vais devoir lui obéir.

Ce tunnel, me dit-il, n’est autre que la colonne vertébrale du géant où est bâti la ville. Le vieux m’ordonne de la parcourir, en direction du coccyx, pour rejoindre la carrière d’os dans le bassin, si je veux espérer libérer Rose-Anne, puis s’en va, jette ma monture dans mon trou, après l’avoir pillée, me dit de ne pas tarder, et s’en va en ricanant.


Marchant dans le tunnel, il n’y a que très peu de lumière, hormis par quelques fissures dans le sol au-dessus de ma tête. Cela dit, à mesure que le tunnel d’os s’affaisse, je remarque un fait hors du commun : le sol n’est plus en os, ni en pierre ou en terre, mais en bois. Ce doit être ce dont parlais la rumeur, l’origine de cette ville inconnue : une trappe, une trappe du Colostle pour accéder à un niveau inférieur.

M’arrêtant un instant pour contempler la jointure entre deux planches, que je dois traverser comme un fossé, en bondit face à moi un énorme crapaud, gros comme un chat, noir comme le charbon, dont seuls les yeux luisent, qui projette sur moi sa longue langue pleine de crochets pour m’attrapper.

Je l’évite de justesse, apercevant au fond de sa bouche une mystérieuse pierre brillant d’un éclat verdâtre.


Combat

Le crapaud ne fait pas long feu : il saute et se cogne contre le plafond. Profitant de son étourdissement, j’avance sur lui avec mon méca-mille-pattes, pattes qui l’aggripent et l’étripent littérallement. Heureusement qu’il y a peu de lumière, rien qu’à l’odeur je peux dire que c’est dégoutant. Mais justement, la pierre verte que j’avais aperçue dans sa gorge roule par terre, dans le fossé.

Je la ramasse, elle s’accroche parfaitement au bout de mon baton-fouet. Elle continue d’éclairer. C’est peut-être une pierre magique, ou bien un morceau du feu du Braséro d’une pièce du Colostle ? Je poursuis, cherchant l’ouverture de la trappe, ou bien un trou de serrure par lequelle descendre, où pourquoi pas s’échapper avec Rose-Anne.


Après un peu de marche il semble que j’arrive à la carrière d’os, si j’en crois les ordres tyranniques criés par les maîtres, et les chocs des pics des ouvriers. Avec précaution, j’avance et trouve une fente dans la paroi, juste assez grande pour observer les personnes qui s’agitent.

Rose-Anne est là ! Un garde la surveille, on la force à piocher dans l’os pour extraire le minerai blanc. J’en suis ému, mais je ne peux rien faire face au nombre d’ennemis. Je m’assieds sur le sol qui tremblote sous les à-coups.

Puis vient un moment où quelqu’un a dû creuser trop fort, trop dur, au mauvais endroit. Un choc métallique, puis un hurlement strident : des gargouilles ! Des gargouilles surgissent, mais au lieu de venir du plafond de la pièce, elle sortent d’une étrange faille dans le sol, laquelle est cernée de métal rouillé.

La panique prend, les ouvriers comme les maîtres courent se mettre aux abris. Profitant de l’occasion, je bondis hors de ma cachette vers Rose-Anne, lui prend la main. Elle a à peine le temps de se tourner vers moi, notre espoir renaissant, quand nous sommes tous deux soulevés dans les airs. Une gargouille massive nous a pris pour proies. Nous sommes tous deux inquiets mais Rose-Anne et moi ne desserrons pas nos mains l’une de l’autre. Nous sommes emportés, mais nous le serons ensemble.

La gargouille nous plonge dans la faille de métal, qui était le trou de serrure de la trappe. L’obscurité nous gagne presque, seul mon baton à pierre de Braséro nous éclaire un peu. Balloté’es ça et là par la créature, sans destination précise, sans ma monture, et sans au revoir à la pièce du Colostle qui nous a vu grandir, nous sommes portés entre les rouages du mécanisme de la serrure.


La gargouille qui nous transporte débouche finalement par l’orifice inférieur de la trappe. Nous sommes… (J♣) quelque part dans une nouvelle pièce du Colostle, un couloir bordé d’une part de fenêtres encore plus hautes que les montagnes, d’autre part d’une rambarde. C’est un balcon ou une mezzanine donnant sur une autre pièce aux dimensions abyssales.

La gargouille nous dépose sur un flanc de montagne, pousse un petit cri, puis se détourne, redécole et s’en va un peu plus bas. Rose-Anne et moi sommes enfin réuni’es de nouveau, mais seul’es dans ce nouvel endroit. On voit le mur d’en face, à une distance impensable. En bas de la pente de la montagne, la gargouille a rejoint les siennes. Elles forment un attroupement, il y a aussi quelques huttes rudimentaires. Vivent-elles ensemble à cet endroit ? Elles ont l’air curieuses mais ne nous on pas blessé’es.

Nous décidons de ne pas nous attarder, au risque de se faire jeter en bas du balcon par une autre de ces choses. Aussi nous empruntons le chemin le long de la pente. Rapidement, il nous semble que la lumière du Braséro dans la pièce au delà du balcon décroît, mais notre placement en hauteur nous permet d’être encore éclairé’es longtemps. Il va nous falloir trouver un abri.

Sur le chemin dégagé, nous voyons au loin un beffroi. C’est comme une tour qui serait tombée le long de la montagne, mais elle est trop bien accrochée et griffue pour que n’être qu’un bâtiment en ruines. Mais par on ne sait quel truchement, elle a détecté notre présence, articulant ses griffes elle se redresse, se soulève un peu au-dessus du sol, puis s’y abat. C’est un beffroi de séisme, qu’il va falloir affronter.


Combat

Nous tenons droit sur nos appuis. Rose-Anne et moi esquivons une griffe du beffroi qui tente de nous balayer. Profitant de l’ouverture, j’insère mon baton dans l’articulation à la base de son membre, qui, étrangement affaibli, se détache d’un seul coup.

Rose-Anne, non sans m’effrayer, se glisse dans l’ouverture. Je n’ose plus bouger en voyant le beffroi se redresser, tourner sur lui-même, puis perdre ses griffes une à une pour finalement s’écraser et se détacher en anneaux comme les petits étages de la tour se désolidarisant.

Particulièrement brillante, Rose-Anne surgit de la carcasse avec un sourire, et nous la regardons rouler, en bas de la montagne, s’arrêtant contre un bosquet en fracassant un arbre ou deux. Nous songeons à récupérer la beffrolithe, juste avant la nuit.


La descente sur le flanc rocailleux est longue et dangeureuse. Nous sommes prudent’es, ne parvenons malheureusement pas en bas avant la nuit. À la lumière de mon baton, nous n’y voyons pas loin, et sommes repérés par les gargouilles, dont trois fondent sur nous.

C’est la panique ! Rose-Anne me prend la main, nous ne voulons pas être séparé’es à nouveau. Nous courons, courons tant que nos forces le permettent, jusqu’au bois. Juste à temps, nous esquivons la gargouille la plus rapide en sautant à l’intérieur du beffroi défait. Ma pierre lumineuse s’éteint, se met même à dégager une épaisse fumée, respirable mais noire opaque.

Nous sommes à tâtons, caché’es sans rien dire alors que les gargouilles crient aux alentours. À ce moment, Rose-Anne cherchant d’une main la beffrolithe qui serait peut-être ici, active un mécanisme qui était resté dormant : ce morceau de tour dans lequel nous sommes se remonte, grogne et s’agite ! Nous allons devoir combattre ce morceau de beffroi de l’intérieur.


Combat

Se mettant à tournoyer, le beffroi nous plaque contre ses parois. Il ne fait pas long feu, il nous suffit de tendre mon fouet à deux entre ses rouages internes pour que ceux-ci se disloquent. Rapidement il s’arrête, s’ouvre complètement en deux et nous libère.

Dans les bois, nous trouvons la beffrolithe de séisme, que Rose-Anne parvient à se monter sur un casque ce soir-là. Elle pourra peut-être m’apprendre à utiliser la magie de lumière de la pierre de braséro !

Nous passons là la nuit, épuisés, secoués, dans cette forêt inconnue, mais avec une semblance d’abri dans le corps du beffroi - bien inanimé cette fois-ci.

Le lendemain, nous chercherons un abri plus pérenne, et une nouvelle vie.